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Jeudi 24 juin

« Symphonie céleste »

Flores harmonici
dir.: Alexandre Traube

Programme

Symphonie céleste

Hildegard von Bingen et Djalâl ad-Dîn Rûmî

Hildegard von Bingen, l’une des plus grandes femmes de l’histoire occidentale, génie protéiforme et la compositrice majeure du Moyen Âge, créatrice d’innombrables mélodies sur ses propres poèmes, inspirées et mystiques, réunies sous le nom de “Symphonie de l’harmonie des révélations célestes”. Djalâl ad-Dîn Rûmî, son cadet d’un siècle, l’un des grands poètes mystiques de l’humanité, et l’inventeur du genre musical nommé “saama”, concert spirituel où l’on atteint l’extase par la danse, porté par un chant de tradition orale embrasant les milliers de vers de l’auteur… L’Allemande et le Persan furent des lumières de leur temps et nous parlent plus que jamais aujourd’hui avec leur oeuvre à la fois enracinée dans leur culture, leur religion et leur époque respectives, mais qui les dépasse par l’universalité de leur pensée et l’amour absolu qui les anime. Ce programme les fait dialoguer de manière innovante et naturelle: trois merveilleuses voix féminines au service de cette femme qui a écrit pour les femmes, face à un fabuleux chanteur persan. Celui-ci, non seulement improvise sur les poèmes de Rûmî dans les modes traditionnels de son pays, mais chante aussi Hildegard et nous inspire dans l’interprétation de ses ornements rhénans qu’on ne peut comprendre sans la tradition orale. Un jeu de résonances subtiles et de “crossings” inattendus se met alors en place entre ces univers au long de cette Symphonie céleste.

Ensemble médiéval Flores harmonici

Carolina Acuña, Sandrine Gasser, Marie-Najma Thomas, Taghi Akhbari; direction et organetto: Alexandre Traube

Les “Flores harmonici”, les fleurs harmoniques, c’est le nom attribué au 13e siècle aux ornements qui font fleurir le chant médiéval. Et aujourd’hui, ce sont des chanteuses et chanteurs qui le font revivre. Le répertoire de cet ensemble suisse de Neuchâtel, terre du premier Minnesänger (troubadour de langue allemande) part des traditions de chant européennes du 1er millénaire et des plus anciennes polyphonies connues pour s’étendre à des champs musicaux de plus en plus variés. L’ensemble, à travers quelques enregistrements et de nombreux concerts, produit des programmes rares, parfois en re-création mondiale, impliquant à la fois une recherche philologique rigoureuse et une créativité qui dépasse les frontières entre genres et époques. Parmi ses hits : Le premier Dies Irae de l’histoire; Opéra médiéval du 12e s. « L’enfant de Gétron » ; St-Jacques-de-Compostelle: polyphonies romanes; Winchester Tropers : les polyphonies de l’an Mil ; Spectacle de rue à succès pour le Millénaire de NE « Rodolphe de Neuchâtel, troubadour et rappeur » avec le rappeur David Charle – MC Roger; Symphonie céleste: Hildegard von Bingen et Rûmî; Nowell : Christmas Carols d’hier & d’aujourd’hui; Gaude – 7 – KAIPE (Josquin et byzantin) ; « La Légende de Guillaume Neuchâtel », entre les plus anciennes musiques neuchâteloises et la création conteporaine.

Alexandre Traube

Chef de choeur et compositeur, il cherche à créer des liens: entre l’Orient et l’Occident; entre un passé ancien profondément enraciné et un acte créateur contemporain libre et vivant. Il est en quête de la source des musiques traditionnelles et spirituelles de différentes cultures qu’il fait aussi dialoguer. Il est détenteur d’un master en musique médiévale avec distinction de la Haute Ecole de Musique Genève-Neuchâtel (HEM) auprès de Francis Biggi, après des études d’écriture et de direction (Corboz) en parallèle à une formation universitaire. Il a fondé le choeur In illo tempore, l’ensemble Flores harmonici, l’ensemble Les Atomes Dansants et la Compagnie Rodolphe. Il est maître de chapelle à Fribourg et Neuchâtel et directeur artistique de la Saison Les Concerts de La Lance (chartreuse du 14e s.). Il enseigne en masterclass à la HEM, où il a contribué à la recréation du 1er Orfeo de l’histoire. Il a à son actif notamment un oratorio-vitrail Christus Rex et un concert multimédia pour la Paix, Rose incandescente, et travaille à présent à Subatomic Desire en collaboration avec le CERN et à son oeuvre maîtresse, la comédie musicale Rodolphe.

Taghi Akhbari

Initié aux raffinements du chant persan à l’âge de 20 ans à Téhéran (Iran), il s’installe ensuite en France et y découvre la technique vocale occidentale, qu’il conjugue à sa sensibilité orientale. Sa voix a croisé le flamenco d’Inès Bacan, fait danser les chevaux de Bartabas, tourné avec les derviches mis en scène par Robert Wilson, s’est mêlée aux accents rock du guitariste de Noir Désir, tissé ses entrelacs enivrants avec ceux de la Renaissance italienne, trouvé des échos au grégorien de Beatus ou au chant corse de Casalonga et inventé des nouveaux mondes avec Les Atomes Dansants.

Carolina Acuña

Elle a étudié le chant ancien dans les meilleures écoles de musique ancienne auprès des plus grands maîtres et à la Sorbonne avant de terminer un master en musique médiévale à Genève. Elle dédie une partie importante de sa vie musicale à l’interprétation de la musique folklorique d’Amérique Latine. En 2016, elle fonde son propre ensemble dédié à la musique médiévale, Dissonantia.

Sandrine Gasser

Elle chante comme choriste et soliste depuis plus de vingt ans et dans plusieurs ensembles de musique ancienne et sacrée, avec une prédilection marquée pour le chant grégorien, médiéval et orthodoxe. Elle est également choriste à l’Opéra de Lausanne où elle joue aussi des petits rôles. Elle a incarné le rôle titre de l’opéra médiéval « L’Enfant de Gétron ».

Marie-Najma Thomas

Soprano colorature et non voyante, elle a développé un don exceptionnel d’apprentissage de la musique par l’oreille. Après des études de chant à Paris, elle a obtenu son master avec distinction en chant baroque à la HEM Genève, où elle prépare un master en clavecin. Elle travaille avec plusieurs ensembles, dans un répertoire allant de la musique ancienne à contemporaine.