Nouvel Orgue

PRESENTATION DU PROJET
La région de
la Riviera
vaudoise, bénéficiant d’un climat privilégié et alliant les plaisirs du lac et
de la montagne toute proche, fait preuve d’un grand dynamisme dans le domaine
de la culture. De très nombreuses manifestations s’y déroulent tout au long de
l’année. Dans ce cadre, Montreux n’est pas en reste, avec, entre autres, ses
Rencontres Chorales, son Festival de Jazz, son Septembre Musical, son Festival
du Rire, ses expositions, son théâtre, les multiples concerts dans ses
différents lieux de culte.
L’église St-Vincent est historiquement le
berceau de la région montreusienne. Son
influence et son image sont très fortes, puisque le nom « Montreux »
en est issu, qui se réfère au ”monasterium” fondateur et que l’église figure
sur le blason de la commune. L’église St-Vincent a aussi participé à la
christianisation de la région, et continue d’accompagner ses habitants dans
tous les actes importants de leur vie: baptême, confirmation, mariage, décès.
C'est l'un des très beaux monuments historiques du canton de Vaud.
Outre les cultes protestants réguliers (env. 65 services par année), les services funèbres, et les nombreux mariages qui y sont célébrés,
l’église St-Vincent abrite tout au long de l’année toute une série de
concerts (Florilège vocal, Festival "L'été, c'est l'orgue"
notamment), participant ainsi à l’animation culturelle montreusienne.
L’organiste, qui est une musicienne professionnelle, y donne des cours d’orgue dans le cadre du Conservatoire
de musique de
la
Riviera. Sans exagérer, on peut affirmer que l’orgue est
utilisé quotidiennement. C’est dire que l’instrument doit être de qualité,
digne de l’écrin que représente l’église St-Vincent, riche de son histoire, son
architecture et sa situation exceptionnelle.
A contacter, M.
François Rusillon, président de l’Association pour les nouvelles
orgues à St-Vincent.
François
Rusillon
Av. de Sully 90
1814 la- Tour-de-Peilz
021 944 32 66
079 508 41 67
Changer d'orgue, pourquoi?
L'orgue actuel, inauguré en 1975, est un
remaniement du précédent datant de 1953 et souffre de l’usure de ce matériel en
partie récupéré. Des mauvais contacts électriques, des tuyaux défectueux ont
rendu inutilisables des jeux entiers, de sorte qu’il devient de plus en plus difficile de convaincre des
organistes de jouer sur cet instrument et d’organiser des concerts de qualité.
Les cours d’orgue de la classe du Conservatoire ont dû être déplacés dans un
autre lieu.
Dégradé et prématurément vieilli, l'orgue
actuel n'est plus récupérable, sinon au prix d'un instrument neuf, ce qui ne
supprimerait pas ses principaux défauts: buffet disproportionné, galerie lourde
et inesthétique, harmonisation vulgaire et criarde, surabondance de sons aigus,
difficulté d’accès pour l’entretien.
Le choix d'un orgue

Un
examen attentif du lieu, de sa vocation liturgique et musicale, de son
esthétique et de son acoustique particulière, ainsi que l'observation de
l'inventaire organistique régional - dans le souci d'éviter les doublons - ont
conduit au choix de l'instrument proposé (voir Etudes préliminaires).
L'église
St-Vincent, de dimension relativement modeste, excluait l'idée d'un orgue
symphonique ou romantique. Sa réverbération très retenue et une acoustique qui
favorise beaucoup les aigus imposaient un instrument typé et racé, dont les
sons colorés trouvent leur aboutissement dans un orgue de type nord allemand ou
nord français du 17e siècle.
Cette
ligne s'inscrit aussi harmonieusement dans une région déjà suffisamment pourvue
en instruments romantiques, où l'Allemagne de diverses époques est déjà bien
représentée. C'est donc tout naturellement vers un orgue de type nord français
que s'est tourné le comité de l’Association pour les nouvelles orgues. Une
esthétique qui, certes, ne permet pas de tout jouer mais qui favorise le vaste
répertoire des 17e et 18e siècles jusqu'à Mendelssohn, ainsi que les musiques
contemporaines.
Ce principe de base ne signifie
aucunement la réalisation d’une copie d’un orgue, mais la conception libre d’un
instrument contemporain adapté à l’acoustique du lieu et inspiré de la facture
du nord de
la France
au tournant du 17e siècle. Sans jamais entraver la cohérence du projet, ni son
unité, l’instrument devra permettre l’interprétation d’un large répertoire et
susciter la création d’œuvres spécifiques.
Il devra satisfaire aux exigences d’un
instrument à la fois liturgique, pédagogique et de concert.
Dans le cadre du culte, ce choix permet la mise en valeur du riche patrimoine luthérien, dont
l’influence sur la musique profane et religieuse des siècles suivants est
considérable.
En récital et en concert, l'instrument excelle à mettre en valeur les différents plans sonores de la
musique et évolue avec aisance tant dans les répertoires français, allemand ou
italien de son époque (le Nord de
la
France était alors au centre de toutes les influences) que
dans l'expression contemporaine des grands maîtres du 20e siècle.
Le
choix de la manufacture, d’une importance capitale, s’est porté tout
naturellement sur celle d’Andreas Metzler, à Dietikon, qui a manifesté d’emblée
son souci d’écouter et de ressentir l’atmosphère de l’église St-Vincent avant d’y sertir son œuvre. C'est d'ailleurs
dans ce même esprit d'identification qu'il a abordé avec bonheur
la Stadtkirche de Bienne,
la Cathédrale
Saint-Pierre de Genève ou des édifices de grand prestigeà Milan, Bordeaux ou Vienne, pour n'en citer que quelques-uns.
Les études préliminaires
Sur demande de
la Section Monuments
Historiques de l’Etat de Vaud, l’Office fédéral de la culture a prié M. Rudolf
Bruhin, expert en matière d’orgues, de se pencher sur notre projet.
M. Bruhin s’est
rendu à St-Vincent en 1995, et y a constaté que l’acoustique pour la musique
est plutôt courte et sèche. L’orgue, inauguré en 1975, reprenait une grande
partie des éléments de son prédécesseur de 1953, et montrait déjà des signes de
dysfonctionnement, notamment au niveau du système électrique. M. Bruhin a aussi
noté que l’orgue était surdimensionné, coincé entre le plafond et une galerie
d’une esthétique malheureuse. Cette disposition nuisait en outre fortement à
l’entretien et l’accordage de l’instrument.
Un relevage ou une
restructuration de ce médiocre instrument étant trop onéreuse, pour un résultat
aléatoire, M. Bruhin a proposé la construction d’un nouvel instrument, de 25 à
28 jeux, à placer éventuellement sur une tribune bien intégrée à l’édifice.
A la demande de M.
Daniel Glaus, l’un des
experts consultés par l’Association pour les nouvelles orgues, une étude
acoustique a été effectuée en octobre 1999 par M. le professeur Mario Rossi, du
laboratoire d’acoustique de l’EPFL, afin de définir le meilleur emplacement
pour l’instrument. Celle-ci a montré que les emplacements les plus favorables se situent à l’entrée du chœur,
dans l’angle nord-est de la nef, ou en galerie. La réverbération, phénomène de
prolongation des sons dans un espace fermé, est en principe
« naturellement » bien adaptée à la musique dans une église : un
accord d’orgue « sonne ample » et occupe pleinement l’espace. A
St-Vincent, la réverbération est faible par rapport à celles d’édifices de même
volume. Cela s’explique par la forte porosité de la pierre utilisée, surtout
pour certaines colonnes. Ainsi le son total manque d’ampleur, l’auditeur n’est
pas assez « enveloppé » par le son, il n’y a pas de liens étroits
entre musiciens et public.
Après
étude des différentes solutions proposées, et
compte tenu des
nombreuses contraintes architecturales, acoustiques,
esthétiques, le comité de
l’Association s’est déterminé pour un
emplacement de l’orgue à l’arrière de la
nef, légèrement décalé par rapport à
son axe, ce qui permet d’abaisser
l’ensemble du volume de l’orgue, réduit à 22
jeux, et de dégager de l’espace
sous la voûte. La galerie actuelle, inesthétique, sera
démolie au profit d’une
plate-forme suffisamment dimensionnée pour permettre à
quelques musiciens
d’accompagner l’orgue, et placée de façon
à ne pas trop entraver une vision
dégagée de l’ensemble de l’édifice.
La collaboration avec le facteur d’orgues et l’architecte
Un
tel projet nécessite la collaboration étroite entre le mandant, représentant
les utilisateurs de l’instrument, le facteur d’orgues et l’architecte. En
effet, les aspects musicaux, techniques et esthétiques sont tous importants et
font appel aussi bien à des compétences techniques (voire scientifiques, on
pense par exemple à l’acoustique) qu’à des aspects objectifs (conception,
analyse de l’emplacement, de l’intégration de l’instrument au lieu qui l’abrite)
et subjectifs (par exemple, que faire dans mon église, celle où j’ai été
baptisé, où je me suis marié).
Dans ce sens, le projet présenté est le
fruit d’une démarche menée par des personnes impliquées à différents titres
(organiste, pasteur, organisateur de concert, personne intéressée) et dont la
volonté a été, tout au long du projet, de cheminer ensemble, d’être convaincues
ensemble par ce qu’elles proposent.
C’est le mérite de l’architecte M. Novello et du facteur d’orgue M.
Metzler, d’avoir réussi à tenir compte
de tous ces impératifs pour présenter le projet actuel, après un premier projet
qui a été retiré au vu des réactions négatives qu’il suscitait auprès de la
population. Le comité de l’Association est convaincu que la solution retenue est
la meilleure et qu’elle répond aux exigences musicales et architecturales
posées. Sa réalisation permettra à l’orgue de St-Vincent de reprendre la place
qui lui revient dans la vie culturelle de Montreux et de sa région.
Les actions du comité de l’Association
L’Association pour
les nouvelles orgues de St-Vincent a été créée pour mener à bien ce projet, en
collaboration avec
la
Paroisse protestante de Montreux, et les autorités communale
et cantonale, aux titres de propriétaire et de conservateur du patrimoine
architectural représenté par l’église St-Vincent. A ce titre, le comité a siégé
à de nombreuses reprises avec le facteur d’orgues, l’architecte et les experts
pour étudier les projets présentés et tenter de concilier les impératifs variés
et parfois contradictoires qu’ils ont pu susciter.
Elle est également
chargée de réunir une partie des fonds nécessaires, avec l’appui des amis des
concerts et de nombreux artistes qui soutiennent le projet.
Les actions de l’Association ont consisté
en :
- l’édition
d’une plaquette en faveur des nouvelles orgues dès le début du projet ;
- une
information régulière donnée aux partenaires naturels du projet que sont les
membres de l’Association,
la
Paroisse de Montreux, les autorités communales, les services
cantonaux ;
- l’organisation
de concerts, en collaboration avec l’Association des Concerts
St-Vincent, dont
l’intégralité de la collecte a été
versée à notre Association, grâce à la
générosité des artistes ;
- la
diffusion d’un disque avec des extraits de concerts donnés à l’église
St-Vincent ;
- la
vente d’objets divers, mis généreusement à disposition : vin issu de
vignes voisines du Temple, cartes postales réalisées par des artistes de la
région, lithographies, produits de boulangerie et de pâtisserie ;
- information
régulière aux médias régionaux.
Ces différentes actions ont permis de
réunir plusieurs milliers de francs qui, joints à quelques dons privés
substantiels, ont atteint la somme de Fr 70'000.-. Elles ont permis également,
et c’est un élément primordial, de sensibiliser et d’informer un large public
sur la nécessité de remplacer l’orgue de St-Vincent. L’objectif de
l’Association est de parvenir à réunir la somme globale de Fr 250'000.- grâce à
l’apport de donateurs privés et de mécènes, condition pour bénéficier du
soutien de
la Commune.
En tant que
particulier, association, fondation, institution, club, entreprise, vous avez
aussi la possibilité d’ajouter votre pierre à l’édifice ou plutôt votre tuyau à
l’instrument !
Nous vous remercions par
avance de votre générosité, l’église St-Vincent le mérite, la qualité du projet
présenté aussi.
Témoignages de personnalités en faveur du projet
« Un orgue de moyenne
dimension, mais de très belle qualité (le choix du facteur d’orgue est d’une
importance capitale) enrichira notablement le patrimoine instrumental de la
région montreusienne. Il permettra l’exécution, l’écoute, et donc le partage
d’un vaste répertoire spécifique, actuellement impraticable dans des conditions
satisfaisantes. »
Jean-Pierre Legay, organiste de Notre-Dame de Paris
« On ne peut que souhaiter de nouvelles
orgues à l’église St-Vincent, pour le rayonnement cultuel de
la Paroisse et pour le
rayonnement culturel de la ville de Montreux. »
Jean-Christophe Geiser, organiste de la cathédrale de
Lausanne
« Avec
Martine Reymond,
l’église St-Vincent a la grande chance d’avoir une organiste titulaire de très
haut niveau. Malheureusement, l’orgue n’est pas un instrument de qualité. Il
est indispensable de lui permettre de jouer sur un instrument digne de son
talent et des œuvres qu’elle interprète. »
Karl-Anton Rickenbacher, chef d’orchestre, Chernex
« Si les orgues font partie intégrante
des fêtes et des cérémonies qui ponctuent la vie d’une paroisse, seules ou
accompagnées d’autres instruments ou de chœurs, les mélomanes apprécient à sa
juste valeur cet instrument au service de la musique sacrée, classique, de jazz
ou autres gospels. Je dirais pour ma part que les orgues sont en quelque sorte
l’âme d’une église.
Aussi, en cette ville vouée à la musique, ne
puis-je en ma qualité de syndic que saluer les efforts qui sont consentis
actuellement en faveur du renouvellement des orgues du Temple St-Vincent.
Je suis convaincu que l’association qui s’est
créée en sa faveur saura susciter des gestes de générosité d’entreprises
privées, de donateurs particuliers et bien sûr des pouvoirs publics. Que tous
soient d’ores et déjà chaleureusement remerciés ! »
Pierre Salvi, Syndic de Montreux
Voici un lien qui vous permettra de visionner le nouvel orgue, en construction à la manufacture Metzler à Dietikon, puis en montage au Temple St-Vincent :
http://www.protestant-vaud.ch/photos/3645.html?Itemid=188
Orgue Metzler 2009
Ce nouvel orgue compte 24 registres répartis entre le Grand Orgue, le Récit et la Pédale. Il est doté de 1532 tuyaux, dont 58 sont en bois, tous les autres composés d'un alliage d'étain et de plomb. 172 tuyaux appartiennent à la famille des jeux d'anches . 7000 bonnes heures de travail auront été nécessaires à sa réalisation. L'orgue est composé de deux plans sonores situés l'un derrière l'autre. À l'avant sont positionnés les tuyaux du Grand Orgue et de la Pédale sur un sommier commun et, à l'arrière, sont placés les tuyaux du Récit avec leurs jalousies, permettant d'influencer la dynamique de la sonorité.
Tous les éléments du buffet sont réalisés selon la tradition des facteurs d'orgues les plus réputés (Schnitger, Cliquot, Silbermann, etc.), en bois de chêne massif, construits avec cadres et panneaux. Cette construction extrêmement solide pèse naturellement son poids et ce nouvel orgue avoisine les 6000 kg.
Composition - 24 jeux
Plan sonore
La composition sonore finalement retenue ne s'appuie pas sur un modèle historique particulier, mais est une synthèse d'influences diverses. Cette conception entre à tous points de vue dans la tradition de l'entreprise Metzler qui, depuis longtemps déjà, se prête en médiatrice entre les particularités françaises, allemandes et hollandaises. Cette composition correspond toutefois largement aux orgues baroques du nord de la France.
L'intonation des Principaux est cependant fortement dirigée vers la musique polyphonique et les jeux d'anches sont un peu plus retenus, pour leur meilleure intégration dans le jeu d'ensemble.
Avec le Salicional et le récit expressif, deux éléments typiquement romantiques enrichissent la conception baroque et se révéleront très précieux avant tout dans la musique liturgique.
Ainsi, dans son ensemble et de façon significative, l'orgue est devenu plus universel et il répond dés lors aux hautes exigences de la pratique musicale d'aujourd'hui.
Andreas Metzler et Johannes Röhrig en plein travail d’harmonisation (photo Jörg Kiszio)
Le Nouvel Orgue
photo: Marc Halbritter
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